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Note d'intention
Puisque le cinéma, dans son dispositif d'enregistrement, dans cet étrange
rapport au réel rapporté n'est pas capable de révéler,
de retranscrire, de dire quelque
chose de cette Vie, incessamment (non)-décrite par Michel Henry, dont
on
a la perception intime et certaine,
mais qui échappe à toute phénoménologie de la donation,
peut-on en deuxième instance
réduire ce cinéma à une dyade réel/imaginaire et
s'amuser à voir
comment ce réel diégétique
se laisse contaminer par un imaginaire né du geste premier, du geste minime,
du pas de côté, voire
du geste d'enfance, où le corps marqué de ce geste et restitué dans
le champ d'une projection — d'où percerait
du hors-champ de ces saynètes (un hors champ qui ne serait pas hors cadre,
mais au contraire plein cadre, perceptif
tout en étant hors d'atteinte de la vue), en contrepoint de leur aspect
raté, foireux, absurde,
improvisé, navrant, banal, paresseux, inabouti, inutile, oiseux et stupide,
percerait peut-être la déception,
une déception marquée par l'essai burlesque de faire quand même,
mais si loin de la vie, encore, si loin
de la vie encore sous l'emprise de la déception, la vie déceptive — où le
corps donc incarne,
comme une empreinte, une vie réelle projetée, ambiguë dans
sa manifestation.
Autrement dit, se prendre une bonne baffe dans la gueule, ça remet les
idées en place. |
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